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L'Immaculée Conception
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Edelweiss


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Message Posté le : Sam 6 Déc - 16:53 (2008)    Sujet du message : L'Immaculée Conception Répondre en citant

Extrait tiré de :

Histoire de la Vierge Marie, Mère de Dieu – d’après les Evangiles, les écrits des Saints Pères et les monuments – Par l’Abbé J.-J. Bourassé


CHAPITRE III

CONCEPTION IMMACULÉE DE MARIE

L'Écriture nous apprend que par un privilège extraordinaire saint Jean-Baptiste fut sanctifié dans le sein de sa mère. La même faveur, suivant l'opinion la plus probable, fut accordée au prophète Jérémie, et quelques-uns pensent que saint Joseph, père nourricier de Jésus, l'a reçue également. Nul chrétien n'a jamais hésité à croire que cette grâce, dans un degré plus éminent, ait été concédée à Marie. Mais si l'on fait attention à la dignité de Mère de Dieu, à laquelle elle était "prédestinée, ce privilège devait être surpassé.


La Vierge qui allait porter le Verbe incarné dans ses chastes entrailles, dont le sang allait couler dans les veines du Fils de Dieu, pouvait-elle être un seul instant sous l'empire du démon? Le Sauveur du monde aurait-il donc emprunté sa chair à une chair souillée, et le sang qui devait racheter l'univers en coulant sur la croix serait-il puisé à une source empoisonnée? Non. Tous les siècles chrétiens ont cru que Marie fut préservée de la tache originelle et que sa conception fut immaculée. La Mère de Jésus n'a pas été soumise à la loi commune à tous les enfants d'Adam. «Si nous y remarquons, dit Bossuet, une dispense presque générale de toutes les lois; si nous y voyons, suivant la foi catholique, ou selon le sentiment des docteurs les plus approuvés, un enfantement sans douleur, une chair sans fragilité, des sens sans rébellion, une vie sans tache, une mort sans peine; si son époux n'est que son gardien, son mariage un voile sacré qui couvre et protège sa virginité, son Fils bien-aimé une fleur que son intégrité a poussée; si, lorsqu'elle conçut, la nature étonnée et confuse crut que toutes ses lois allaient être à jamais abolies ; si le Saint-Esprit tint sa place, et les délices de la virginité celle qui est ordinairement occupée par la convoitise; en un mot, si tout est singulier en Marie, qui pourra croire qu'il n'y ait rien eu de surnaturel en la conception de cette princesse, et que ce soit le seul endroit de sa vie qui ne soit marqué par aucun miracle ? »


A qui la Vierge est-elle redevable de cet incomparable bienfait? Au sang de Jésus-Christ, aux mérites de la rédemption. Pour expliquer l'insigne prérogative de Marie, il faut remonter nécessairement à la source de tout don parfait. Quelle chose les mortels peuvent-ils posséder qu'il n'aient reçue ? Mais le sang du Sauveur pourra-t-il seulement guérir ? n'aura-t-il pas également la vertu de préserver ? Écoutons encore l'évêque de Meaux. « Il est juste certainement, dit-il, que ce sang précieux du fils de la Vierge exerce sur elle toute sa vertu, pour honorer le lieu d'où il est sorti. Car remarquez ce que dit très élégamment un ancien évêque de France; c'est le grand Eucher de Lyon. « Marie a cela de commun avec tous les hommes qu'elle est rachetée du sang de son fils; mais elle a cela de particulier que ce sang a été tiré de son chaste corps. Elle a cela de commun avec tous les fidèles que Jésus lui donne son sang ; mais elle a cela de particulier qu'il l'a premièrement reçu d'elle. Elle a cela de commun avec nous que ce sang tombe sur elle pour la sanctifier; mais elle a cela de particulier qu'elle en est la source. Tellement que nous pouvons dire que la conception de Marie ce est comme la première origine du sang de Jésus. C'est de là que ce beau fleuve commence à se répandre, ce fleuve de grâce qui coule dans nos veines par les sacrements, et qui porte l'esprit de vie dans tout le corps de l'Eglise. Et de même que les fontaines, se souvenant toujours de ce leurs sources, portent leurs eaux en rejaillissant jusqu'à leur hauteur, qu'elles vont chercher au milieu de l'air ; ainsi ne craignons pas d'assurer que le sang de notre Sauveur fera remonter sa vertu jusqu'à la conception de sa mère pour honorer le lieu d'où il est sorti.»


La pieuse croyance à l'immaculée conception de la sainte Vierge était universellement admise. Chacun répétait avec Bossuet : «Après les articles de foi, je ne vois guère de chose plus assurée. » L'Église cependant n'avait pas formellement décidé qu'elle fût comprise au nombre des vérités proposées à la foi de ses enfants. Déjà dans plusieurs constitutions mémorables les souverains pontifes avaient défendu de soutenir publiquement le sentiment contraire. Le saint concile de Trente, expliquant la doctrine catholique touchant le péché originel, déclare solennellement que lorsqu'il s'agit du péché, il n'entend point parler de la très-sainte Vierge Marie. La définition dogmatique de cette vérité était réservée à notre époque. Le Ciel voulait sans doute, en nos temps agités, que ce fût l'occasion d'effusions plus abondantes de la grâce divine. Cet heureux événement eut lieu le 8 décembre 1854. Il avait été précédé de démonstrations et d'actes de la plus haute importance, depuis la concession faite par Pie VII, le 17 mai 1806, aux franciscains du royaume de Naples, de célébrer l'Immaculée Conception de la sainte Vierge dans la préface de la messe, chose inouïe encore, jusqu'à l'autorisation accordée, le 20 septembre 1839, à l'évêque de Forli d'ajouter aux litanies de Lorette l'invocation suivante : Reine conçue sans péché, priez pour nous; jusqu'aux suppliques de cinquante-deux cardinaux et de nombreux archevêques et évêques, adressées au pape Grégoire XVI, du 10 mai au 30 novembre 1840, insistant sur l'utilité et la nécessité morale de prononcer un jugement définitif2. Enfin le pape Pie IX, touché du pieux empressement avec lequel l'épiscopat entier ne cessait de solliciter la définition dogmatique, quoique exilé à Gaëte par suite des troubles de Rome, adressa, le 2 février 1849, à tous les évêques du monde la célèbre encyclique où il les invite à adresser au Ciel les plus ferventes prières, afin d'obtenir d'en haut des lumières abondantes pour le chef de l'Église en une si grave affaire. Le souverain pontife demandait en même temps aux évêques de rendre témoignage de leur croyance et de celle des fidèles confiés à leurs soins au sujet de l'immaculée conception de la sainte Vierge. Plus de six cents cardinaux, patriarches, archevêques, évêques et vicaires apostoliques, répondirent à l'appel du pontife romain, sans parler des savantes dissertations qui furent publiées en même temps par les docteurs catholiques dans toutes les contrées et dans toutes les langues de l'univers chrétien. Le 2 août 1853, une commission extraordinaire se réunit à Rome, sous la présidence du cardinal Fornari, d'après les ordres du souverain pontife. Après mûre délibération, elle fut d'avis que le privilège de la sainte Vierge était solidement prouvé par des arguments tirés de la sainte Écriture, des monuments de la tradition, de la doctrine de l'Église et de la déclaration du concile de Trente. Elle jugea également que le saint-siège pouvait, sans déroger aux règles ordinaires, prononcer la définition du mystère de la conception immaculée de Marie. Tel fut aussi l'avis unanime des cardinaux.


Enfin le moment solennel approche. Les évêques en foule sont accourus à Rome de tous les pays de la terre. Ils sont convoqués en séance dans la grande salle ducale du Vatican, et durant quatre jours ils discutent librement le texte projeté de la bulle dogmatique. On y vit assemblés cent vingt prélats. Le jour impatiemment attendu est arrivé. La ville sainte est encombrée d'une multitude de pèlerins ; le peuple romain, fidèle à ses vieilles traditions, inonde les rues et les abords de la basilique de Saint-Pierre. Le pape, précédé des cardinaux et des évêques, se rend avec la pompe accoutumée vers la Confession du prince des apôtres et s'assied sur le trône pontifical, derrière le maître-autel. Il célèbre la messe avec la plus grande solennité. Après le chant de l'évangile en latin et en grec, Pie IX, du haut de son trône, au milieu d'un profond silence et du recueillement le plus pieux, prononce d'une voix forte et distincte la définition du mystère de l'Immaculée Conception de la bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu. En ce moment auguste, on peut le dire, le ciel et la terre sont attentifs : Marie reçoit le plus glorieux hommage. L'assistance est visiblement émue. Au même instant le canon tonne du haut du château Saint-Ange, et toutes les cloches, par leurs joyeuses volées, annoncent l'heureuse issue de cette imposante cérémonie.


Afin d'exposer convenablement la définition du plus admirable des privilèges de Marie, nous ne saurions puiser à une source plus pure qu'au texte môme des Lettres apostoliques de Pie IX. Nous allons donc placer ici sous les yeux du lecteur les passages principaux de ce document immortel.


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Message Posté le : Sam 6 Déc - 16:53 (2008)    Sujet du message : Publicité

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Edelweiss


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Message Posté le : Sam 6 Déc - 16:54 (2008)    Sujet du message : L'Immaculée Conception Répondre en citant

« Les Pères et les écrivains ecclésiastiques dit le souverain pontife, instruits par les oracles célestes, n'ont rien eu de plus à cœur dans les livres qu'ils ont composés pour expliquer les Ecritures, pour défendre les dogmes et instruire les fidèles, que de célébrer à l'envi et d'exalter de la manière la plus variée et la plus admirable l'éminente sainteté de la Vierge, sa dignité, sa parfaite exemption de toute tache du péché, et sa victoire éclatante sur le cruel ennemi du genre humain. C'est ce qu'ils ont fait en expliquant les paroles par lesquelles Dieu, dès les premiers jours du monde, annonçant d'avance les remèdes préparés par sa miséricorde pour régénérer les mortels, confondit l'audace du serpent séducteur, et releva merveilleusement l'espérance de notre race; ils ont enseigné que par ce divin oracle : « Je mettrai l'inimitié entre toi et la femme, entre ta race et la sienne, » le miséricordieux rédempteur du genre humain, Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, fut clairement et ouvertement annoncé ; que sa bienheureuse mère, la Vierge Marie, y est aussi désignée, et que les inimitiés du fils et de la mère contre le démon y sont également et formellement exprimées. En sorte que, de même que le Christ, médiateur de Dieu et des hommes, ayant pris la nature humaine, détruisit la sentence de condamnation portée contre nous en l'attachant triomphalement à la croix, ainsi la très-sainte Vierge, étroitement unie à lui par un lien indissoluble, perpétuant avec lui et par lui ses inimitiés éternelles contre le serpent venimeux, en a triomphé pleinement, et de son pied immaculé lui a écrasé la tête.


« C'est ce glorieux et incomparable triomphe de la Vierge; c'est son innocence suréminente, sa pureté, sa sainteté, sa parfaite exemption de toute tache du péché; c'est l'abondance et la grandeur ineffable de grâces, de vertus et de privilèges dont elle fut comblée, que ces mêmes Pères ont vus tantôt dans cette arche de Noé qui, construite selon les desseins de Dieu, est sortie saine et sauve du commun naufrage de l'univers entier ; tantôt dans cette échelle qui apparut à Jacob, s'élevant de la terre au ciel, dont les anges de Dieu montaient et descendaient les degrés, tandis que le Seigneur s'appuyait au sommet; tantôt dans ce buisson que Moïse vit tout en feu dans un lieu saint, et qui, au milieu des flammes pétillantes, loin de se consumer ou de souffrir la plus légère atteinte, se couvrait merveilleusement de feuillage et de fleurs; tantôt dans cette tour inexpugnable en face de l'ennemi, de laquelle pendent mille boucliers et l'armure complète des forts ; tantôt dans ce jardin fermé qui ne saurait être violé ni profané par aucune ruse ni embûche; tantôt dans cette splendide cité de Dieu qui a ses fondements sur les montagnes saintes; tantôt dans cet auguste temple de Dieu qui, brillant des splendeurs divines, est rempli de la gloire du Seigneur; et dans les autres nombreuses figures du même genre par lesquelles, suivant les saints Pères, la dignité sublime de la Mère de Dieu, son innocence sans souillure et sa sainteté exempte de toute tache ont été admirablement prédites.


« Pour dépeindre cette réunion des dons divins et cette intégrité originelle de la Vierge de qui Jésus est né, les mêmes Pères, empruntant les paroles des prophètes, ont célébré cette auguste Vierge comme la pure colombe, la sainte Jérusalem, le trône sublime de Dieu, la maison et l'arche de sanctification que l'éternelle Sagesse s'est construite; comme cette reine qui, remplie de délices et appuyée sur son bien-aimé, est sortie toute parfaite de la bouche du Très-Haut, toute belle, toute chérie de Dieu, n'ayant jamais été souillée de la moindre tache. Les mêmes Pères et les mêmes écrivains ecclésiastiques, méditant profondément, et d'esprit et de cœur, les paroles que l'ange Gabriel adressa à la bienheureuse Vierge lorsque, lui annonçant qu'elle aurait l'honneur insigne d'être la Mère de Dieu, il la nomma pleine de grâces, et considérant ces paroles prononcées au nom de Dieu même et par son ordre, ils ont enseigné que, par cette singulière et solennelle salutation, dont il n'y a pas d'autre exemple, la Mère de Dieu nous était montrée comme le siège de toutes les grâces divines, comme ornée de tous les dons du Saint-Esprit et, bien plus, comme le trésor presque infini et l'abîme inépuisable de ces dons célestes, de sorte qu'elle n'a jamais été atteinte par la malédiction, et que, participant avec son fils à la bénédiction perpétuelle, elle a mérité d'entendre ces paroles de la bouche d'Elisabeth inspirée par l'Esprit divin : « Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et le fruit de vos entrailles est béni. »


« De là ce sentiment des mêmes Pères, non moins clairement exprimé qu'unanime, que la très-glorieuse Vierge, pour laquelle Celui qui est puissant a fait de grandes choses, a brillé d'un tel éclat de tous les dons célestes, d'une telle plénitude de grâce, d'une telle innocence, qu'elle a été comme le miracle ineffable de Dieu, ou plutôt comme le comble de tous les miracles, en un mot, la digne Mère de Dieu ; et que, rapprochée de Dieu plus que toutes les autres créatures et autant que le comporte la nature créée, elle est élevée à une hauteur que ne peuvent atteindre les louanges des hommes et des anges. Pour établir cet état de justice et d'innocence originelle de la Mère de Dieu, ils l'ont comparée souvent à Eve encore vierge, encore innocente et pure, n'étant pas encore tombée dans les embûches mortelles de l'astucieux serpent; et même ils l'ont mise au-dessus d'elle avec une étonnante variété d'expression et de pensées. Eve, en effet, entraînée misérablement par le serpent, perdit l'innocence originelle et devint son esclave ; tandis que la bienheureuse Vierge, croissant toujours dans la grâce de son origine, loin de prêter jamais l'oreille au serpent, en a ébranlé profondément la force et la puissance par la vertu qu'elle avait reçue de Dieu.
« Aussi n'ont-ils jamais cessé d'appeler la Mère de Dieu : Lis parmi les épines ; terre parfaitement intacte, virginale, sans souillure, immaculée, toujours bénie, exempte de toute contagion du péché, de laquelle a été formé le nouvel Adam; ou bien : Paradis d'innocence, d'immortalité et de délices, d'une beauté irréprochable, très agréable et brillant de lumière, planté par Dieu lui-même, et défendu contre toutes les embûches du venimeux serpent; bois incorruptible, que le ver du péché n'a jamais gâté ; fontaine toujours limpide, scellée par la vertu de l'Esprit Saint ; temple divin; trésor d'immortalité; seule et unique fille, non de la mort, mais de la vie ; rejeton de grâce, non de colère, lequel, par une providence singulière de Dieu, toujours verdoyant quoique sorti d'une tige infectée et corrompue, a fleuri contre toutes les lois établies. Mais comme si ces images, malgré leur splendide éclat, étaient insuffisantes, ils ont déclaré en propres termes et d'une manière expresse que lorsqu'il s'agit de péché il ne peut nullement être question de la sainte Vierge Marie, à laquelle une grâce surabondante a été donnée pour vaincre le péché partout et toujours. Ils ont encore professé que la très-glorieuse Vierge a été la réparatrice de sa race et une source de vie pour la postérité ; qu'elle a été élue dès l'origine des siècles; que le Très-Haut se l'était préparée; que Dieu l'avait annoncée lorsqu'il dit au serpent : « Je mettrai des inimitiés entre toi et la femme; » et que, sans aucun doute, elle a brisé la tête venimeuse du serpent. C'est pourquoi ils ont affirmé que la bienheureuse Vierge avait été, par l'effet de la grâce, pure de toute tache du péché, exempte de toute contagion du corps, de l'âme et de l'intelligence; que toujours en communication avec Dieu et unie à lui par une éternelle alliance, elle n'a jamais été dans les ténèbres, mais toujours dans la lumière; et qu'en conséquence elle a été pour le Christ un tabernacle digne de lui, non à cause de la beauté de son corps, mais en raison de sa grâce originelle.


« Ajoutons les magnifiques paroles par lesquelles, en parlant de la Vierge, les Pères ont attesté que dans sa conception la nature, cédant à la grâce, s'était arrêtée tremblante, sans oser aller plus loin. Il fallait, disent-ils, avant que la Vierge, Mère de Dieu, fût conçue par Anne, sa mère, que la grâce eût accompli son œuvre et donné son fruit; il fallait que celle qui devait concevoir le premier-né de toute créature fût elle-même conçue première-née. D'après leur témoignage, la chair de la Vierge, tirée d'Adam, n'a pas contracté les souillures d'Adam, et ainsi la bienheureuse Vierge était le tabernacle créé par Dieu lui-même, formé par l'Esprit Saint, et véritablement enrichi d'or et de pourpre, que façonna le nouveau Béséléel, et qu'il orna des tissus les plus variés et les plus précieux; elle est en réalité, et elle mérite d'être honorée comme le chef-d'œuvre propre de la Divinité; elle fut soustraite aux traits enflammés du démon; et, belle par sa nature, exempte de toute espèce de tache, elle se leva sur le monde, dans sa conception immaculée comme une aurore toute resplendissante de clarté. Il ne convenait pas, en effet, que ce vase d'élection subît le commun outrage puisque, si différente des autres créatures, Marie n'eut de commun avec elles que la nature, non la faute; il convenait plutôt que, comme le Fils unique a dans les Cieux pour Père celui que les séraphins proclament trois fois saint, de même il eût sur la terre une mère en qui l'éclat de la sainteté n'eût jamais été flétri. Cette doctrine était entrée si profondément dans l'âme et dans l'esprit de nos Pères, qu'elle avait fait prévaloir chez eux cette manière de parler, si extraordinaire et si étonnante, par laquelle ils avaient coutume d'appeler la Mère de Dieu immaculée et parfaitement immaculée ; innocente et l'innocence même ; irréprochable et absolument irréprochable ; sainte et exempte de toute souillure du péché; toute pure, tout incorruptible; le type, pour ainsi dire, de la pureté et de l'innocence; plus belle que la beauté même ; plus charmante que la grâce ; plus sainte que la sainteté ; seule sainte ; très-pure d'âme et de corps, ayant surpassé toute intégrité et toute virginité; seule devenue la demeure de toutes les grâces de l’Esprit-Saint; supérieure à tout, Dieu seul excepté; étant, par sa nature, plus belle, plus parfaite et plus sainte que les chérubins, les séraphins et toute l'armée des anges ; ne pouvant être louée dignement par aucune langue au ciel et sur la terre. Ce langage, personne ne l'ignore, a passé naturellement dans les monuments de la liturgie sacrée et dans les offices de l'Église : on l'y retrouve fréquemment, il y règne et y domine. La Mère de Dieu y est invoquée et proclamée comme la seule colombe de beauté sans tache, comme la rose toujours dans l'éclat de sa fleur; comme entièrement pure, toujours immaculée, toujours bienheureuse ; elle y est célébrée enfin comme l'innocence qui n'a jamais souffert aucune atteinte, et une autre Eve qui a enfanté l'Emmanuel. »


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Edelweiss


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Message Posté le : Sam 6 Déc - 16:55 (2008)    Sujet du message : L'Immaculée Conception Répondre en citant

Quel magnifique tableau vient de se dérouler sous nos regards! Quel style majestueux ! Dans un langage sublime, à la hauteur du sujet auquel il est consacré, Pie IX rappelle les louanges admirables que la tradition catholique a fait retentir à travers tous les siècles à l'honneur de Marie. Cet exposé si solennel de la croyance des Pères de l'Église n'est pourtant, si l'on peut ainsi parler, que l'introduction à des accents plus solennels encore. Nous venons d'entendre l'écho des âges passés ; écoutons maintenant la voix du chef de l'Église, vicaire de Jésus-Christ, proclamant le dogme.


« Plein de confiance dans le Seigneur, dit le pontife, et persuadé que le temps opportun était arrivé de définir l'immaculée conception de la très-sainte Vierge Marie, Mère de Dieu, que proclament et mettent si merveilleusement en lumière les oracles divins, la vénérable tradition, le sentiment constant de l'Eglise, l'accord admirable des évêques catholiques et des fidèles, les actes mémorables et les constitutions de nos prédécesseurs, toutes choses très-diligemment examinées; après avoir adressé à Dieu de continuelles et ferventes prières, nous avons jugé que nous ne devions pas différer plus longtemps de sanctionner et définir par notre jugement suprême l'immaculée conception de la Vierge, pour satisfaire ainsi aux pieux désirs du monde catholique et à notre dévotion envers cette très-sainte Vierge, et en môme temps pour honorer de plus en plus en elle son fils unique, Notre-Seigneur Jésus-Christ, puisque tout ce qu'on rend d'honneur et de gloire à la mère rejaillit sur le fils. « N'ayant donc jamais cessé d'offrir, dans l'humilité et le jeûne, nos prières particulières et les prières publiques de l'Eglise à Dieu le Père par son Fils, afin qu'il daignât diriger et confirmer notre âme par la vertu de l'Esprit-Saint, après avoir imploré l'assistance de- toute la cour céleste, invoqué avec gémissement l'Esprit consolateur, sous l'inspiration duquel nous agissons ; pour l'honneur de la sainte et indivisible Trinité, pour la gloire et la dignité de la Vierge Mère de Dieu, pour l'exaltation de la foi catholique et l'accroissement de la religion chrétienne; de l'autorité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, de celle des bienheureux apôtres Pierre et Paul, et de la nôtre, nous déclarons, prononçons et définissons que la doctrine qui tient que la bienheureuse Vierge Marie, dès le premier instant de sa conception, par une grâce et un privilège spécial du Dieu tout-puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, sauveur du genre humain, a été préservée et exempte de toute tache du péché originel, est révélée de Dieu, et qu'en conséquence elle doit être crue fermement et inviolablement par tous les fidèles. »


Après avoir accompli ce grand acte, l'âme do Pie IX se dilate, et laisse échapper ce cri, à la fois de joie, d'espérance, de triomphe et de supplication :
« Les expressions de joie abondent sur nos lèvres, et notre langue tressaille d'allégresse; nous rendons et nous ne cesserons jamais de rendre à Jésus-Christ Notre-Seigneur les plus humbles et les plus ardentes actions de grâces de ce que, par une faveur singulière, il nous a accordé, malgré notre indignité, d'offrir et de décerner cet honneur, cette gloire et cet hommage à sa très-sainte mère. Nous avons la plus ferme espérance et la confiance la plus entière que cette bienheureuse Vierge, toute belle et immaculée, qui a écrasé la tète venimeuse du cruel serpent et a apporta le salut au monde; qui est la louange des prophètes et des apôtres, l'honneur des martyrs, la joie et la couronne de tous les saints, le refuge assuré, l'auxiliatrice fidèle de tous ceux qui sont en péril, la médiatrice puissante et la réconciliatrice de l'univers auprès de son fils unique; la gloire et l'ornement le plus brillant de la sainte Eglise, et son plus ferme rempart; qui toujours a détruit toutes les hérésies, qui a délivré les peuples et les nations fidèles de toutes les plus grandes calamités, et qui nous a délivré nous-même de tant de périls dont nous étions assailli, voudra bien faire, par son très-puissant patronage, que, tous les obstacles étant écartés et toutes les erreurs étant vaincues, la très-sainte Église catholique, notre mère, prospère, fleurisse et règne plus forte de jour en jour au milieu des nations et partout, d'une mer à l'autre, des rives du fleuve jusqu'aux extrémités de la terre; qu'elle jouisse pleinement de la paix, de la tranquillité et de la liberté; et qu'ainsi les coupables obtiennent le pardon, les malades le remède, les faibles la force du cœur, les affligés la consolation, et ceux qui sont en danger le secours; que tous ceux qui sont dans l'erreur, étant délivrés des ténèbres de l'esprit, reviennent au sentier de la vérité et de la justice, et qu'il n'y ait plus qu'un seul bercail et un seul pasteur. »

Tel est le monument impérissable élevé par Pie IX à l'honneur de Marie.

Suivant l'opinion reçue et adoptée dans la liturgie, le mystère de l'immaculée conception s'opéra dans le sein de la vertueuse Anne le 8 décembre, la seizième année avant le commencement de l'ère chrétienne. On a beaucoup disputé pour savoir au juste en quel lieu s'accomplit cette merveille. Aucune certitude n'existe à cet égard. L'histoire ne nous a pas appris en quel endroit se trouvaient alors Anne et Joachim. Mais le sentiment le plus probable tient que ce fut à Jérusalem, dans la maison voisine de la piscine Probatique. Le savant et pieux auteur de l'Eclaircissement sur la terre sainte, qui passa sa vie en Palestine, et nous a laissé un véritable monument d'érudition et de critique, n'hésite pas à l'affirmer. « Sous l'église Sainte-Anne, dit-il, existe une chapelle, à l'endroit où l'on dit qu'était la chambre dans laquelle on croit que la bienheureuse Vierge Marie fut conçue et vint au monde » Tous cependant ne partagent pas l'opinion du docte franciscain. Des écrivains de mérite enseignent que ce prodige eut lieu dans la petite maison de Nazareth, celle-là même qu'on dit avoir été enlevée par les anges et transportée à Lorette.


Quoi qu'il en soit, cet événement, prélude de tant de prodiges de grâce, s'accomplit pendant que César - Auguste était maître du monde, et qu'Hérode l'Iduméen régnait en Judée.
Au moment où brillaient à l'horizon les premières lueurs de l'aurore annonçant le Soleil de justice, l'univers venait de se calmer, à la suite des violentes tempêtes qui l'avaient bouleversé. La guerre civile avait déchiré la république romaine; guerre ardente, passionnée, comme jamais l'histoire n'en vit, où des flots de sang inondèrent les provinces. Les destinées du monde étaient l'enjeu de la lutte. Le vainqueur allait devenir le maître du plus vaste empire qui ait existé. La victoire, à Actium, se déclara pour Octave. Son antagoniste Antoine y perdit le pouvoir; il avait déjà perdu l'honneur en Egypte près de Cléopâtre. Devenu l'arbitre souverain des immenses domaines de Rome et des populations de tout nom et de toute langue qui les habitaient, Octave changea son nom en celui d'Auguste. Il espérait peut-être faire oublier les cruautés dont il s'était rendu coupable. On a dit de lui qu'il eût dû ne jamais naître ou ne jamais mourir. Jamais, en effet, on ne vit d'usurpateur plus violent ni de tyran plus commode.


L'année même où la pieuse Anne devint mère, Auguste faisait encore fermer les portes du temple de Janus, après avoir assuré la conquête de plusieurs provinces importantes. Personne sur la terre ne soupçonna les grandes choses qui se passaient à Jérusalem. Les esprits étaient occupés au spectacle des événements qui changeaient la face du monde. Aucun n'était assez éclairé pour découvrir ce faible germe de la plus étonnante des révolutions qui aient renouvelé l'univers. L'immaculée conception de Marie est la vraie date de la rédemption C'est le premier miracle dû aux mérites infinis du sang de Jésus-Christ.


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Message Posté le : Aujourd’hui à 14:48 (2016)    Sujet du message : L'Immaculée Conception

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